Le massif Makay selon Tolo, une passion partagée
De prime abord, les rencontres avec les Bara - l’ethnie vivant dans ces régions - ont été délicates.
De prime abord, les rencontres avec les Bara - l’ethnie vivant dans ces régions - ont été délicates. Ils étaient méfiants et avaient du mal à accepter que nous étions là pour découvrir la beauté de cette nature. Le fait que nous venions de l'extérieur, sans autre motivation que de découvrir ce lieu unique, les a fortement surpris. Patiemment, il nous a fallu trois expéditions pour arriver à nous faire accepter, et faire valoir nos bonnes intentions. Notre démarche était claire et sans arrières pensées.
Ensemble, avec les pistards et les porteurs, nous avons parcouru le massif en tout sens. Nous avons fait des rencontres, nous avons vécu des expériences extraordinaires et peu-à-peu, nous avons échangé nos visions et nos savoirs-faire. Le respect mutuel et la confiance se sont établis naturellement, avec le temps. À présent, les différentes familles Bara sur les contreforts orientaux du Makay me considèrent comme leur ami. Pour certains, je suis devenu leur père, quelques-uns, par respect m’appelle Dada Tolo, Papa Tolo. Mais nous ne sommes pas de la même ethnie.
Ils sont Bara et moi Merina, deux ethnies qui se sont fait la guerre, ce qui est difficile à oublier pour beaucoup encore aujourd'hui. Les Bara sont d’origine africaine, Bantou. Ce sont de grands éleveurs de zébus semi-nomades. Nous, sur les hauts plateaux, nous travaillons la terre et sommes d'origine Mélanésienne. Bien que nous soyons tous malagasy, nous avons fait de vraies découvertes, sur les uns et les autres. La confiance réciproque qui s'est nouée m’a permis de bien connaître leurs coutumes et leur langue, différentes de la mienne.
Un soir, au coin du feu, nous discutions de l'avenir de notre pays et des dangers auxquels nous sommes confrontés. J'ai compris qu'ils étaient les premiers acteurs de la défense de leur environnement, les premiers désormais et surtout les jeunes, à faire passer ce message de protection de la nature. Cette prise de conscience est le résultats le plus gratifiant à mes yeux. Il donne un vrai sens à ma présence à leurs cotés depuis plus de 10 ans.
Aujourd'hui, l'intégralité du massif du Makay devient Nouvelle Aire Protégée. A Détours Madagascar, nous sommes impliqués dans sa protection et sa gestion aux côtés de Naturevolution, organisme mandaté par l'Etat malgache. "Il faut que cette conservation soit maîtrisée et prenne en compte les aspirations de tous."
Antananarivo, le 15 juin 2016
Le massif Makay selon Tolo, une passion partagée " Dans le Makay, je vis pleinement ma passion. Je le considère comme mon autre chez moi. J’ai beaucoup appris dans ce massif gréseux depuis 2006, la première fois où j’ai mis les pieds dans sa partie Sud, qui est aujourd'hui sa région la plus connue. "
Questions fréquentes
Le massif Makay est situé dans le centre-ouest de Madagascar. C'est une formation gréseuse spectaculaire, dont la partie sud est la plus connue et accessible. Il est habité par l'ethnie Bara, des éleveurs de zébus semi-nomades.
Oui, le massif Makay est désormais classé Nouvelle Aire Protégée à Madagascar. Sa gestion est assurée par Naturevolution, organisme mandaté par l'État malgache, avec l'implication d'acteurs du tourisme responsable comme Détours Madagascar.
Oui, il est possible de visiter le massif Makay dans le cadre d'expéditions organisées, notamment via Détours Madagascar. Les treks se font avec des pistards et porteurs locaux, issus des communautés Bara, garantissant une immersion culturelle authentique.
Les Bara sont une ethnie d'origine africaine bantoue, vivant sur les contreforts du massif Makay. Ce sont de grands éleveurs de zébus semi-nomades. Leur culture est distincte de celle des Merina, ethnie des hauts plateaux d'Antananarivo.
La période idéale pour explorer le massif Makay est la saison sèche, généralement de avril à octobre. Pendant la saison des pluies, les pistes peuvent être impraticables et les rivières difficiles à traverser. Il est conseillé de se renseigner auprès d'un opérateur local.

